Coumans, fin des années 30, années 40
"Le fils du bibliothécaire faisait de la peinture et exposait. Son père me répètait souvent : il ose, mon fils". Je pris contact avec ce garçon. Le samedi après-midi, nous visitions les galeries. Je prenais de l'assurance. Ensemble, nous travaillâmes sur le motif. La peinture devint une maîtresse exigeante le soir d'une journée glaciale au cours de laquelle nous avons peint, sur place, un magnifique monument à la Cité Fontenas*.
En 1940, avec la guerre vint l'exode*. Je me retrouvai à Saint-Thomé, en Ardèche. J'avais emporté ma boîte de couleurs et je voyais pour la première fois des montagnes. J'en fis des centaines de croquis."
Raymond Coumans, in la revue Semper, 1985
*Bruxelles
*Raymond Coumans dans le but de pouvoir faire des études supérieure d'Instituteur opte pour la Nationalité belge en 1939. En 1940, il a 18 ans. Voici comment Suzanne Coumans relate l'exode en France : "Quand éclate la guerre de 1940, il a dix-huit ans. Comme beaucoup de jeune gens de son âge, il quitte le pays et prend les chemins de France, à vélo." "L'enfant de la ville aux ruelles grises découvre les vastes espaces, les paysages grandioses, l'eau vive qui coule entre les roches sauvages, des couleurs, des parfums..."
Raymond Coumans sera profondément marqué par ce voyage qui durera trois mois. Sur son chemin il découvre le cidre, le vin, les filles, quelque fois il lui faut traire avec ses copains les pis enflés de vaches abandonnées à leur sort. Il découvre surtout les paysages du sud de la France et y puise les roses et les ocres qui feront sa renomée de coloriste.
Comme l'écrit Suzanne Coumans dans sa brève biographie : " Il quitte ces bonheurs, et ceux qui là-bas furent pour lui une véritable "famille d'accueil" pour retrouver ses parents et terminer ses études à l'Ecole Normale Charles Buls (Bruxelles). Il aménage le petit grenier en Atelier, y passe de nombreuses heures..."